La proposition de budget de l'UE ne prévoit pas de financement garanti pour la santé

Drapeaux de l'UE devant la Commission européenne à Bruxelles

En bref

La dernière proposition de la présidence irlandaise concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034 prévoit une réduction des crédits prévus pour la recherche en santé et la préparation aux situations d’urgence, et ne consacre toujours pas de budget spécifique à la santé. Lung Cancer Europe réclame qu’au moins 10,05 milliards d’euros soient affectés à la santé, dont au moins 2,5 milliards d’euros pour la lutte contre le cancer. Les votes décisifs qui auront lieu au Parlement européen en novembre offrent une occasion de changer de cap.

Chiffres clés

  • 141 milliards d'euros : c'est le montant que cette proposition ferait économiser par rapport au projet de budget initial de la Commission européenne, soit une réduction de 8 %

  • Près de 10 % : c'est l'ampleur de la réduction proposée pour « Horizon Europe », le principal programme de recherche de l'Union européenne, qui finance la recherche sur le cancer

  • 35 % : la réduction proposée des crédits alloués à la protection civile et à la préparation aux urgences sanitaires

  • 47 % : la part de la réduction globale qui pèserait sur la partie du budget consacrée à la santé, qui ne représente que 30 % du budget

Source : Présidence irlandaise du Conseil de l'UE ; analyse de l'Organisation européenne contre le cancer, octobre 2026

Lung Cancer Europe est profondément déçue par la dernière proposition de la présidence irlandaise concernant le budget à long terme de l'UE pour la période 2028-2034. Celle-ci prévoit une réduction des crédits prévus pour la recherche en matière de santé et la préparation aux situations d'urgence, et ne consacre toujours pas de budget spécifique et réservé à la santé.

Cette proposition intervient alors que les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles les 15 et 16 octobre, et à la veille de votes décisifs au Parlement européen en novembre. Nous avons publié une prise de position expliquant les implications de cette proposition pour les personnes touchées par le cancer du poumon et précisant ce que nous demandons aux décideurs européens de faire.

Quelles ont été les propositions de la présidence irlandaise ?

L'Irlande assure la présidence tournante du Conseil de l'UE jusqu'à la fin de l'année 2026 et dirige les négociations entre les États membres sur le prochain budget à long terme. Le 10 octobre, elle a présenté une proposition révisée qui réduirait le projet initial de la Commission européenne de 141 milliards d'euros, soit 8 %.

Selon une analyse réalisée par l'Organisation européenne contre le cancer :

  • « Horizon Europe », qui finance la recherche et l’innovation, notamment la recherche sur le cancer et la Mission de l’UE contre le cancer, verrait son budget réduit de près de 10 %, sans qu’aucun seuil minimal ne soit fixé pour la santé ou la recherche sur le cancer

  • La dotation budgétaire consacrée à la santé, à la biotechnologie, à l'agriculture et à la bioéconomie serait réduite de 13 %

  • Le financement consacré à la protection civile et à la préparation aux urgences sanitaires diminuerait de 35 %

La santé relève de la partie du budget consacrée à la compétitivité, à la prospérité et à la sécurité. Cette partie représente 30 % du budget, mais absorberait 47 % de la réduction proposée.

Les négociations se poursuivent et rien n'est encore définitif. Mais cette proposition soulève de sérieuses inquiétudes quant à la priorité accordée à la santé.

Quelles sont les conséquences pour les personnes touchées par le cancer du poumon ?

Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer en Europe, et l'accès aux avancées thérapeutiques reste inégal. Le lieu de résidence d'une personne peut encore aujourd'hui influencer la rapidité avec laquelle elle est diagnostiquée, sa possibilité de bénéficier de tests de biomarqueurs et les traitements qui lui sont proposés.

Les financements de l’UE contribuent à combler ces lacunes. Ils ont permis de soutenir SOLACE, un projet visant à améliorer l’accès au dépistage du cancer du poumon, et continuent de soutenir la recherche à travers des projets tels que i3LUNG et IDERHA, dans le cadre desquels Lung Cancer Europe fait valoir le point de vue des personnes touchées par le cancer du poumon. Une réduction des financements destinés à la recherche à l’avenir, associée à l’absence de financement garanti pour le secteur de la santé, pourrait rendre plus difficile le soutien à des initiatives similaires dans les années à venir.

Les décisions relatives aux services de santé et aux dépenses dans ce domaine relèvent en grande partie de la compétence de chaque pays. Cependant, le financement et la coordination assurés par l'Union européenne aident les pays à progresser ensemble, notamment en matière de recherche, de partage des connaissances et d'action collective.

Quelles sont les revendications de Lung Cancer Europe ?

Dans notre prise de position, nous exhortons les institutions de l'UE et les États membres à :

  • Réserver au moins 10,05 milliards d'euros à la santé dans le prochain budget, dont au moins 2,5 milliards d'euros pour la lutte contre le cancer, en garantissant une transparence totale quant à l'utilisation de ces fonds

  • Préserver la recherche en matière de santé et de lutte contre le cancer, notamment en intégrant un volet spécifique consacré à la santé au sein du programme « Horizon Europe »

  • Soutenir le plan européen de lutte contre le cancer en lui allouant les ressources nécessaires à sa mise en œuvre

  • Faire de la réduction des inégalités en matière de prise en charge du cancer une priorité, afin que davantage de personnes puissent bénéficier des progrès réalisés dans les domaines du diagnostic, du traitement et des soins, quel que soit leur lieu de résidence

Ce montant de 10,05 milliards d'euros correspond au niveau préconisé par la commission de la santé publique du Parlement européen dans son rapport du 28 septembre consacré à la mise en œuvre du plan européen de lutte contre le cancer.

Ces demandes s’inscrivent dans la continuité des appels que nous avons lancés tout au long de l’année. En avril, nous avons cosigné la lettre ouverte de WECAN réclamant la mise en place d’un programme européen dédié à la santé et la préservation du plan européen « Vaincre le cancer ». En juin, notre présidente, Debra Montague, s’est jointe à plus de 490 experts pour réclamer un budget dédié à la santé et un volet spécifique consacré à la santé au sein du programme « Horizon Europe ». Nous soutenons également la campagne « Reach Higher for Cancer Care » de l’Organisation européenne contre le cancer.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Il existe clairement des possibilités de changer de cap, ainsi que certains signes encourageants. L’Autriche, la Tchéquie, le Luxembourg et la Slovénie font partie des États membres qui réclament un financement ou une gouvernance spécifiques pour la santé dans le prochain budget, et la moitié des principaux négociateurs budgétaires du Parlement européen ont qualifié la santé de priorité en matière d’investissement.

Les dates clés à venir :

  • Les 15 et 16 octobre : les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles

  • 10 novembre : la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen se prononce

  • 11 novembre : le Parlement devrait, en principe, se prononcer sur son rapport relatif au « Plan de lutte contre le cancer »

  • Décembre : négociations finales sur le budget

Nous invitons instamment les membres de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie à soutenir les amendements visant à créer une ligne budgétaire spécifique et réservée à la santé au sein du Fonds européen pour la compétitivité lors du vote prévu le 10 novembre.

L'Europe ne peut pas se fixer des objectifs ambitieux en matière de prise en charge du cancer tout en mettant en péril les investissements nécessaires à leur réalisation.

 
 

Foire aux questions

En quoi consiste le budget à long terme de l'UE ?

Le budget à long terme, appelé « cadre financier pluriannuel », définit le montant des dépenses que l'UE peut engager, ainsi que leurs affectations, sur une période de sept ans. Le prochain cadre s'étendra de 2028 à 2034. Les États membres doivent l'adopter à l'unanimité, et le Parlement européen doit donner son accord.

Pourquoi le budget de l'UE a-t-il une incidence sur la prise en charge du cancer du poumon alors que la santé relève de la compétence nationale ?

Les pays gèrent leurs propres services de santé, mais les financements de l'UE soutiennent la recherche, les projets de dépistage et la coopération qui aident les pays à progresser ensemble. Les projets SOLACE, i3LUNG et IDERHA ont tous bénéficié d'un financement de l'UE.

Que signifie « financement réservé » ?

Il s'agit de fonds réservés à un objectif précis qui ne peuvent pas être réaffectés à d'autres priorités. En l'absence d'un budget de santé dédié, le secteur de la santé doit entrer en concurrence avec d'autres domaines pour obtenir les mêmes financements.

Comment notre organisation peut-elle vous aider ?

Contactez vos députés européens, en particulier les membres de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, avant le vote du 10 novembre, et transmettez-leur notre prise de position.


Sources


Lectures complémentaires

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« Lung Cancer Europe » expose sa position sur la loi européenne sur les biotechnologies à l'issue d'un dialogue d'experts à Bruxelles