Une nouvelle étude internationale a confirmé que le dépistage par tomodensitométrie à faible dose réduit la mortalité par cancer du poumon chez les personnes à haut risque. Publiée le 24 septembre 2026, cette évaluation réalisée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) intervient quelques jours avant la première Semaine européenne du dépistage, qui débutera le 28 septembre.
L'étude a également révélé que le dépistage permettait de réduire le nombre de diagnostics au stade III ou IV. Alors que l'Europe met le dépistage àl'honneur, Lung CancerEurope souhaite attirer l'attention sur la question de l'accès : qui est invité à participer, qui peut passer un examen d'imagerie et que se passe-t-il lorsqu'un résultat nécessite un suivi ?
Quelles sont les conclusions du CIRC concernant le dépistage du cancer du poumon par tomodensitométrie à faible dose ?
Le CIRC a réuni des experts de 17 pays afin d'examiner les études consacrées au dépistage du cancer du poumon. Ils ont analysé les décès dus au cancer du poumon, les diagnostics posés à un stade avancé ainsi que les risques potentiels, notamment les résultats faussement positifs et le surdiagnostic.
Les experts ont conclu que le dépistage par tomodensitométrie à faible dose permettait de réduire le nombre de décès dus au cancer du poumon ainsi que le nombre de diagnostics de stade III ou IV chez les personnes présentant un risque élevé en raison de leur âge et de leurs antécédents tabagiques.
Les pays peuvent s'appuyer sur ces conclusions pour mettre en place leurs programmes de dépistage. Chaque programme doit définir des critères clairs pour déterminer les personnes à inviter et mettre en place un processus fiable de suivi des résultats.
Pourquoi l'accès au dépistage du cancer du poumon présente-t-il encore des disparités ?
Le dépistage ne se résume pas à l'utilisation d'un scanner. Les programmes doivent identifier les personnes éligibles, les inviter à se présenter, leur expliquer le test, organiser les rendez-vous et assurer le suivi des résultats. Ils ont besoin d'un personnel qualifié et de contrôles pour garantir la sécurité et la cohérence des soins.
Certaines personnes peuvent également avoir besoin d'aide pour se déplacer, obtenir un congé ou prendre rendez-vous. Ces obstacles peuvent empêcher les personnes de participer, même lorsqu'elles remplissent les conditions requises.
Notre article, « Le dépistage du cancer du poumon en Europe : comment garantir un accès équitable ? », examine les enseignements tirés par les différents pays au fur et à mesure qu'ils mettent en place leurs programmes.
L'accompagnement des patients peut-il les aider à participer ?
L'évaluation du CIRC s'est également penchée sur les moyens d'accroître la participation au dépistage. L'une des approches envisagées était l'accompagnement des patients : un personnel formé aide les personnes à surmonter les obstacles susceptibles de les empêcher de se présenter aux rendez-vous.
Dans cinq des six essais examinés, l'accompagnement a permis d'accroître la participation au dépistage au sein des groupes défavorisés. La participation était deux à cinq fois plus élevée que dans les groupes témoins. La plupart de ces études ont été menées aux États-Unis. Les programmes européens devront trouver des approches adaptées à leurs propres systèmes de santé.
L'accompagnement est également essentiel après l'examen. Si un résultat nécessite des examens complémentaires, les patients doivent savoir quelle sera la suite des événements et à qui ils peuvent s'adresser. Notre guide, « Qu’est-ce que l’accompagnement des patients atteints d’un cancer du poumon ? », explique comment cet accompagnement peut aider les personnes à naviguer dans le parcours de soins du cancer du poumon.
Quelle sera la prochaine étape pour le dépistage du cancer du poumon en Europe ?
La Semaine européenne du dépistage se déroule du 28 septembre au 4 octobre. Elle vise à sensibiliser le public au dépistage et à la détection précoce d'un large éventail de pathologies.
En ce qui concerne le cancer du poumon, les pays doivent traduire cette prise de conscience en programmes de dépistage qui ciblent les personnes à haut risque et assurent un suivi rapide des résultats. Les bénéficiaires de ces programmes seront déterminés par les critères suivants : qui reçoit une invitation, qui peut se présenter à un examen d’imagerie et quelle est la suite de la prise en charge.
Sources :le résumé de l'évaluation du CIRC et l'article paru dans *The New England Journal of Medicine*.