Qu'est-ce que l'accompagnement des patients atteints d'un cancer du poumon ?

La prise en charge du cancer du poumon peut inclure des examens d'imagerie, des biopsies, des tests de biomarqueurs, une intervention chirurgicale, une radiothérapie et un traitement médicamenteux. Chaque étape de cette prise en charge peut être assurée par des équipes différentes. Les consultations peuvent avoir lieu dans plusieurs hôpitaux ou cliniques.

Angeliki Souri, vice-présidente chargée du cancer du poumon au WCC 2026

Les gens peuvent se retrouver à se demander ce qui va se passer ensuite, qui dispose de leurs résultats et à qui ils doivent s'adresser s'ils ont besoin d'aide.

L'accompagnement des patients apporte un soutien concret tout au long de ce processus.

Lors du Congrès mondial sur le cancer de 2026 à Hong Kong, Angeliki Souri, vice-présidente de Lung Cancer Europe, présentera les travaux du Lung Cancer Policy Network consacrés à l'accompagnement des patients atteints d'un cancer du poumon.

« L'accompagnement des patients peut jouer un rôle important pour améliorer la coordination et l'équité des soins prodigués aux personnes atteintes d'un cancer du poumon. »

Angeliki Souri, vice-présidente de Lung Cancer Europe

En quoi consiste le rôle d'un accompagnateur de patients atteints d'un cancer du poumon ?

Un accompagnateur de patients aide une personne à s'orienter dans le système de santé. Il peut servir de point de contact clair entre les rendez-vous, les examens et les différentes équipes cliniques.

Le rôle précis varie selon les pays et les systèmes de santé. Un accompagnateur peut être une infirmière, un autre professionnel de santé ou un membre du personnel non clinique ayant suivi une formation spécifique.

Selon le rapport du Lung Cancer Policy Network consacré à l'accompagnement des patients, un accompagnateur peut apporter son aide dans les domaines suivants :

  • organisation des rendez-vous et des orientations vers d'autres services

  • suivi des tests et des résultats

  • expliquer les prochaines étapes du parcours de soins

  • mettre en relation différentes équipes de soins

  • fournir des informations sur les options thérapeutiques et les essais cliniques

  • aider les gens à trouver un soutien émotionnel, financier ou pratique

  • surmonter les obstacles tels que les transports, la langue ou l'accès au numérique

  • soutenir le suivi et la prise en charge des symptômes

  • orienter les personnes vers les services locaux et communautaires

Un accompagnateur ne prend pas de décisions thérapeutiques. L'équipe clinique reste responsable du diagnostic et du traitement. L'accompagnateur facilite la circulation des informations et la coordination des soins entre la personne, sa famille et les services concernés.

Un accompagnateur de patients, c'est la même chose qu'une infirmière spécialisée dans le cancer du poumon ?

Pas toujours.

Certains accompagnateurs de patients sont des infirmiers spécialisés dans le cancer du poumon. Leur formation clinique leur permet d'apporter un soutien infirmier et de contribuer à la coordination des soins.

D'autres accompagnateurs occupent des fonctions non cliniques. Ils peuvent se consacrer à la gestion des rendez-vous, à la communication, au transport, à l'aide linguistique ou à l'accès aux services locaux.

Les systèmes de santé peuvent recourir à différents modèles. Chaque modèle doit définir le rôle du « navigateur » et la manière dont celui-ci interagit avec l'équipe clinique. Un « navigateur » doit venir renforcer les services existants, et non se substituer aux infirmiers spécialisés ou à d'autres professionnels de santé.

En quoi l'accompagnement des patients peut-il améliorer la prise en charge du cancer du poumon ?

Le Réseau pour la politique de lutte contre le cancer du poumon a passé en revue les travaux de recherche publiés, d’autres rapports et des exemples de programmes existants. Il a également mené des entretiens avec 14 experts, parmi lesquels des cliniciens, des accompagnateurs, des chercheurs, des coordinateurs de programmes, des défenseurs de la cause et des personnes touchées par le cancer.

L'étude a montré que l'accompagnement des patients peut :

  • améliorer la coordination entre les services

  • réduire les lacunes en matière de soins

  • contribuer à lever les obstacles d'ordre pratique, social et liés au système de santé

  • assurer la continuité des soins, du diagnostic au traitement et au suivi

  • aider les gens à comprendre les options qui s'offrent à eux en matière de soins et de traitements

  • mettre les personnes en relation avec des soins de soutien

  • réduire certains délais entre l'orientation vers un spécialiste, le diagnostic et le traitement

Les résultats varient selon les programmes et les systèmes de santé. Il reste nécessaire de mener davantage de recherches spécifiques au cancer du poumon. Les programmes devraient collecter des données afin que les systèmes de santé puissent déterminer si l’accompagnement améliore l’accès aux soins, les délais d’attente, l’expérience des patients et les résultats.

Une étude publiée en septembre 2026 fournit un exemple spécifique aucancer du poumon. Dans un hôpital turc, 84 personnes chez qui un cancer du poumon non à petites cellules venait d’être diagnostiqué ont été réparties entre les soins habituels et un programme d’accompagnement par une infirmière d’une durée de 12 semaines. Ce programme comprenait des appels téléphoniques réguliers et des rendez-vous mensuels.

Par rapport aux personnes bénéficiant de soinshabituels, celles du groupe « accompagnement »ont fait état d’un niveau de dépression et de stress moindre, ainsi que d’une meilleure adaptation à leur maladie et d’une meilleure qualité de vie globale. Elles se sont également rendues moins souvent aux urgences. Il s’agissait d’une étude à petite échelle menée dans un seul hôpital ; des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer si d’autres programmes d’accompagnement permettraient d’obtenir les mêmes résultats.

Pourquoi l'accompagnement des patients est-il important dans le cadre du cancer du poumon ?

La prise en charge du cancer du poumon évolue souvent rapidement. Une personne peut devoir passer plusieurs examens avant qu'un plan de traitement puisse être établi. Les résultats peuvent devoir être examinés par des radiologues, des pathologistes, des chirurgiens, des oncologues et d'autres spécialistes.

Des retards ou un manque de communication à un stade donné peuvent avoir des répercussions sur la phase suivante des soins.

Certaines personnes peuvent également avoir besoin d'aide pour gérer leurs symptômes, leur santé mentale, leur situation professionnelle, leurs finances, leurs déplacements ou leurs responsabilités familiales. La stigmatisation peut rendre plus difficile le fait de demander de l'aide.

Un accompagnateur peut aider à identifier ces besoins et orienter la personne vers le service adapté. Ce soutien peut se poursuivre après le traitement ou lorsque la personne vit avec un cancer du poumon considéré comme une maladie chronique.

Notre article consacréau cadre d’équité en matière de santé pulmonaire⁠ examine comment les systèmes de santé peuvent identifier les lacunes dans la prise en charge du cancer du poumon, notamment en ce qui concerne l’accès à l’accompagnement des patients, et déterminer quelles sont les personnes qui n’en bénéficient pas.

Dans quelle mesure le service d'accompagnement des patients est-il utilisé en Europe ?

L'accompagnement formel des patients a d'abord vu le jour aux États-Unis. Son utilisation en Europe est plus récente et varie d'un pays à l'autre.

Certains services font appel à des infirmières spécialisées pour jouer le rôle d'accompagnateurs. D'autres ont créé des postes distincts pour des coordinateurs de soins, des intervenants sociaux ou du personnel non clinique formé à cet effet. De nombreuses personnes n'ont toujours pas accès à un accompagnateur attitré.

Le rapport du Lung Cancer Policy Network présente des exemples issus de plusieurs systèmes de santé. En Angleterre, des accompagnateurs de patients facilitent la communication avec les services de santé locaux dans le cadre du programme de dépistage du cancer du poumon du NHS.

Le dépistage ne constitue qu'une étape du parcours de soins. L'accompagnement peut également s'avérer utile lors du diagnostic, du traitement, du suivi et des soins de soutien.

Quels sont les éléments indispensables à un programme efficace d'accompagnement des patients atteints d'un cancer du poumon ?

Le simple fait d’ajouter le poste de « navigateur » ne suffira pas à remédier à la fragmentation du parcours de soins. Les systèmes de santé doivent planifier ce service et l’intégrer aux soins existants.

Un rôle bien défini

Les accompagnateurs doivent avoir des responsabilités clairement définies. Les personnes prises en charge et les membres de l'équipe soignante doivent savoir ce que l'accompagnateur peut faire et quand le contacter.

Formation et accompagnement

Les accompagnateurs ont besoin d’une formation adaptée à leur rôle. Ils doivent également pouvoir accéder à des informations actualisées sur le cancer du poumon, les services locaux et les filières d’orientation.

Une supervision clinique peut s'avérer nécessaire lorsque le poste implique des tâches infirmières ou d'autres tâches liées aux soins de santé.

Liens entre les services

Un accompagnateur doit entretenir des liens efficaces avec les hôpitaux, les services de diagnostic, les soins de première ligne, les services de proximité et les organismes d'aide.

Ces liens permettent à l'internaute de suivre les renvois, de partager des informations et d'identifier les retards.

Un financement stable

Les projets à court terme permettent de mettre en évidence les avantages de l’accompagnement des patients. Ils ne peuvent toutefois pas garantir un soutien continu sans un financement sûr.

Les systèmes de santé doivent également évaluer l'impact de l'orientation des patients sur l'accès aux soins, les délais d'attente, l'expérience des patients, la charge de travail du personnel et les résultats.

Un service conçu pour répondre aux besoins locaux

Chaque système de santé présente des services, des ressources et des obstacles qui lui sont propres. Les programmes d’accompagnement devraient tenir compte des besoins locaux plutôt que de reproduire un modèle unique.

Ce service devrait également être accessible aux personnes confrontées à des obstacles linguistiques, financiers, géographiques ou numériques.

En quoi l'accompagnement des patients contribue-t-il à accélérer la prise en charge du cancer du poumon ?

L'accompagnement des patients ne peut pas résoudre tous les retards dans le diagnostic et le traitement du cancer du poumon. Les systèmes de santé ont toujours besoin d'effectifs suffisants, de capacités de diagnostic et de services de traitement.

L'orientation peut aider les personnes à passer d'un service à l'autre et réduire le risque de manquements dans les orientations, de communications ambiguës ou de perte de suivi.

Ce travail vient appuyer l'appel lancé par Lung Cancer Europe en faveur de parcours de prise en charge intégrés et rapides pour le cancer du poumon. Ces parcours rapides nécessitent une coordination claire, depuis les premiers signes inquiétants jusqu’au diagnostic, au traitement et au suivi.

Quels changements faut-il apporter à l'échelle européenne ?

Les personnes touchées par un cancer du poumon doivent savoir à qui s'adresser, quelle sera la suite des événements et où elles peuvent trouver du soutien.

Les systèmes de santé européens devraient identifier les situations dans lesquelles les patients sont confrontés à des retards, à des lacunes ou à des changements répétés de prise en charge. Ils devraient se demander si un service officiel d'accompagnement des patients pourrait remédier à ces problèmes.

Le Réseau pour une politique de lutte contre le cancer du poumon recommande aux responsables du système de santé :

  • identifier les domaines dans lesquels la navigation pourrait améliorer la prise en charge actuelle du cancer du poumon

  • mettre en place des programmes officiels là où ils n'existent pas

  • renforcer et évaluer les programmes déjà en place

  • définir clairement les rôles et les modalités de gouvernance

  • assurer une formation adaptée et un financement à long terme

  • adapter l'orientation aux besoins de chaque système de santé et de chaque population

L'accompagnement des patients ne devrait pas dépendre du lieu de résidence de la personne ni de l'hôpital qui assure ses soins. Il devrait s'inscrire dans le cadre d'un parcours de soins coordonné dédié au cancer du poumon, assorti de normes claires et d'une évaluation adéquate.

Consultez le rapport sur l'accompagnement des patients

Consultez le rapport du Lung Cancer Policy Network :

L'accompagnement des patients atteints d'un cancer du poumon : un élément essentiel de la prise en charge

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